L’intervention des États-Unis au Venezuela soulève de « graves questions au regard du droit international », a déclaré dimanche le secrétaire général du Conseil de l’Europe, Alain Berset, avertissant des risques de faire « deux poids, deux mesures ».
« En tant qu’organisation régionale multilatérale dédiée à la démocratie, aux droits de l’homme et à l’État de droit, le Conseil de l’Europe considère que tout recours à la force sur le territoire d’un autre État soulève de graves questions au regard du droit international, notamment des principes fondamentaux de la Charte des Nations Unies sur la souveraineté, l’intégrité territoriale et la non-ingérence », écrit M. Berset dans un communiqué.
Après la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro par les forces américaines, M. Berset avertit du risque d’« aggravation de la polarisation au Venezuela, dans toute la région et à l’échelle mondiale, entre ceux qui condamnent une grave violation du droit international et ceux qui l’estiment justifiée. Ces fractures fragilisent les fondations de la sécurité internationale ».
« Qu’on parle de changement de régime ou d’influence étrangère, on applique trop souvent deux poids, deux mesures, dicté par des intérêts stratégiques ou une proximité idéologique plutôt que par des principes juridiques partagés et constants », écrit M. Berset.
« Le droit international est universel, ou il est dénué de sens », insiste-t-il.
« Un monde régi par des exceptions, un deux poids deux mesures ou des sphères d’influence concurrentes est un monde plus dangereux ».
Alors que le président américain Donald Trump a annoncé samedi que les Etats-Unis avaient l’intention de « diriger » le Venezuela, le secrétaire général du Conseil de l’Europe appelle à une transition « pacifique, démocratique et respectueuse de la volonté du peuple vénézuélien ».






