Le ministre israélien de la Défense, Yisrael Katz, a affirmé mardi qu’Israël ne céderait pas d’un pouce en Syrie, ni dans le nord de Gaza.
S’exprimant lors d’une cérémonie marquant la construction de 1 200 logements à Beit El, Katz a déclaré : « Nous sommes entrés dans une phase de souveraineté de facto, et des opportunités inédites se présentent. »
Il a indiqué que le gouvernement s’efforce de mettre en œuvre des mesures ambitieuses dans le cadre d’une vision stratégique globale. Concernant le nord de Gaza, il a déclaré : « Nous sommes profondément ancrés à Gaza et nous ne quitterons jamais la totalité de Gaza – cela n’arrivera jamais. Nous ne dépendons de personne. Avec l’aide de Dieu, nous établirons en temps voulu des groupes pionniers Nachal dans le nord de Gaza, à l’emplacement des communautés évacuées, de manière appropriée et au moment opportun. »
En 2004, à l’issue de la seconde Intifada, le Plan de désengagement de Gaza adopté par le gouvernement d’Ariel Sharon avait décrété le démantèlement des 21 colonies juives dans l’enclave ainsi que 4 colonies en Cisjordanie. Dans cette dernière, 2 colonies seulement ont été démantelées et la colonisation s’est poursuivie au plus fort.
Le Plan de désengagement a été partiellement abrogé par la Knesset en mars 2023, 6 mois avant l’opération du Hamas dans l’enveloppe de Gaza, ouvrant la voie à l’établissement de colons israéliens dans le nord de la Cisjordanie occupée et rendant possible un nouveau déploiement de colonies à Gaza.
En mai 2025, le gouvernement de Benjamin Netanyahu a abrogé formellement la loi de 2005, et annoncé la réouverture de deux des colonies qui avaient été évacuées, Homesh et Sa-Nur, situées en Cisjordanie occupée, ainsi que la création de 20 nouvelles colonies.
Le 27 mai dernier, les médias israéliens révélaient que le gouvernement israélien avait approuvé l’établissement de 22 nouvelles colonies, un record depuis les accords d’Oslo. Au total, l’actuel gouvernement en a approuvé l’établissement de 50. Le nombre d’avant-postes construits depuis lors a, quant à lui, explosé avec 112 nouveaux avant-postes établis en deux ans et demi.
Le gouvernement israélien a en outre décidé d’établir un nouveau cadastre pour répertorier les terres de la zone C en prélude à leur accaparement, au mépris total du droit international humanitaire.
Quant à la Syrie, où Israël occupe de vastes zones du sud du pays depuis la chute du précédent régime de Bachar al-Assad, il continue d’étendre son occupation de la région notamment dans le gouvernorat de Quneitra.
L’occupation israélienne de ces territoires a déjà attiré l’attention du mouvement des colons, et en particulier de l’organisation Uri Tsafon. Celle-ci promeut déjà activement la colonisation du Liban et de la Syrie.
« Nous n’attendons pas que l’État nous dise “Venez”; nous travaillons pour que cela se produise », précise son fondateur Amos Azaria.
« Dans un premier temps, nous nous installerons là où nous le pourrons. Il n’y a pas d’intérêt pour un lieu spécifique ; le plus important est d’être de l’autre côté de la barrière. Nous devons lutter contre le tabou de la frontière établie par la France et l’Angleterre il y a 100 ans [NDLR : référence aux accords de Sykes-Picot, qui ont dessiné les frontières dans la région en 1916]. Nous vivrons à la frontière libanaise, si Dieu le veut, et si nous sommes là, la frontière se déplacera vers le nord et l’armée la gardera. »
Ces derniers jours, le gouvernement de Damas a diffusé de nouvelles cartes du pays qui n’incluent plus le plateau du Golan syrien, territoire occupé par ‘Israël’ depuis 1967.
D’après les données recueillies sur le terrain par le site Syrien Now, les forces d’occupation israéliennes ont mené plus de 1 200 incursions en territoire syrien en un an, la plupart concentrées à Quneitra, avec une extension à la campagne occidentale de Deraa et à la province de Damas.
Source: Médias






