Le vice-Premier ministre israélien s’est engagé à étendre les horaires d’accès des colons à l’esplanade des Mosquées, accentuant ainsi la division temporelle du site entre juifs et musulmans.
En 2012 et 2013, des députés du Parti national religieux (PNR) ont tenté de présenter un projet de loi visant à instaurer une division temporelle complète de l’esplanade des Mosquées. Ce projet de loi proposait d’ouvrir l’esplanade neuf heures par jour aux juifs et neuf heures par jour aux musulmans, de la fermer six heures la nuit et de réserver les vendredis aux musulmans et les samedis aux juifs. Il stipulait également que les fêtes religieuses seraient réparties de manière à interdire l’accès à la mosquée d’al-Aqsa aux musulmans pendant les fêtes juives. Le gouvernement israélien a tenté d’imposer ce plan en 2015, et ce fut la cause directe de la vague d’attaques au couteau de 2014.
Dimanche, lors de sa participation à l’allumage de la huitième et dernière bougie de Hanoucca à la porte des Maghrébins, en présence d’activistes du Mont du Temple, le ministre israélien de la Justice et vice-Premier ministre, Yariv Levin, a passé en revue les modifications importantes apportées à la mosquée d’al-Aqsa ces dernières années. Il a insisté sur son engagement personnel à étendre les horaires d’accès à la mosquée, notamment en soirée, aux colons juifs qui y prient, élargissant ainsi la portée de ces incursions en ouvrant la mosquée après les heures de bureau.
Cet engagement confirme que le plan de 2012 visant une division complète est devenu le cadre de travail du gouvernement israélien et des organisations du Mont du Temple. Leur objectif est d’imposer une égalité totale d’accès à Al-Aqsa entre musulmans et juifs, étape préliminaire à la prise de contrôle complète et à l’effacement de l’identité islamique d’al-Aqsa.
Alors que les régimes arabes officiels se laissaient convaincre par les assurances de Netanyahu, persuadés par ses promesses de maintien du statu quo, ils organisaient des sommets et des réunions pour « apaiser la situation à Al-Qods » tout au long de 2021 et 2022, en amont des réunions de sécurité d’Aqaba et de Charm el-Cheikh en 2023. Entretemps, les sionistes multipliaient les incursions pendant la Pâque juive, durant le mois de Ramadan, imposant des sièges successifs à la mosquée d’al-Aqsa, et étendant progressivement la durée de ces incursions, initialement de trois heures par jour en 2008, à six heures et quart par jour en 2024.
Ce gouvernement sioniste, par l’intermédiaire de son vice-Premier ministre issu du Likoud – et non par celui des « extrémistes » du sionisme religieux, comme aiment à le croire les régimes arabes officiels – réaffirme son engagement dans le processus de division de la mosquée d’al-Aqsa, l’achèvement de sa judaïsation et l’extension de ces incursions.
La mosquée d’al-Aqsa est confrontée à un danger croissant depuis l’attentat perpétré par le soldat sioniste Alan Goodman contre des fidèles pacifiques au Dôme du Rocher en 1982, attentat qui a coûté la vie à deux personnes et fait sept blessés. Sa judaïsation et l’effacement de son identité islamique sont devenus les caractéristiques marquantes de la phase actuelle, une phase d’action décisive et de liquidation qui menace notre existence et notre identité. Quand comprendrons-nous que la bataille d’al-Aqsa est une bataille pour notre survie même ?
Dans cette vidéo, Elhanan Groner, un colon de la colonie d’Yitzhar au sud-ouest de Naplouse, a documenté son assaut contre la mosquée d’al-Aqsa avec un groupe de militants du Mont du Temple, hier, dimanche, septième jour de l’agression des Lumières Hébraïques…
Par Ziad Abheis



