L’expert militaire et stratégique, le général de brigade libanais à la retraite Hassan Jouni, a déclaré que l’opération « Œil du Faucon », lancée par les États-Unis en Syrie, constitue une démonstration de force manifeste qui, par son ampleur et le type d’armement employé, dépasse les objectifs affichés de neutralisation de Daech dans le désert syrien.
Dans une analyse militaire diffusée sur la chaine qatarie Al Jazeera, Jouni a expliqué que les images et les informations publiées concernant l’opération révèlent un déséquilibre significatif des forces entre l’armement américain sophistiqué et les cibles frappées, lesquelles n’ont pas été précisément identifiées, si ce n’est comme des emplacements et des cellules dans des zones désertiques à découvert.
Washington a annoncé le lancement de frappes d’envergure contre les positions de Daech dans le centre et l’est de la Syrie en représailles à l’attaque de Tadmor (Palmyre) qui a coûté la vie à deux soldats américains et à un interprète le 13 décembre, l’une des attaques les plus meurtrières contre les forces américaines depuis des mois.
Le général de brigade Hassan Jouni a souligné que la nature de l’opération indique une frappe éclair menée en un temps record, employant divers types d’armes offensives, reflétant une compréhension américaine précise de la nature des cibles dispersées et dispersées au cœur du désert.
Il a expliqué que la diversité des armes utilisées ne devait pas être interprétée comme une simple escalade, mais plutôt comme un outil militaire permettant de comprendre la nature de l’adversaire. Les différentes méthodes de ciblage reflètent la variété des cibles, allant des cellules humaines et des cachettes aux axes de circulation dans des zones reculées.
Le Centcom avait assuré avoir bombardé des zones désertiques à Homs, Deir Ezzor et Raqqa, des zones qui connaissent un vide sécuritaire entre les territoires contrôlés par les milices kurdes de Forces démocratiques syriennes (FDS) et ceux contrôlés par le régime syrien, ce qui en fait un environnement propice aux déplacements des cellules de Daech.
Jouni souligné que Daech n’est plus une organisation hiérarchisée avec une direction et un quartier général fixes. Elle se compose plutôt d’individus et de cellules mobiles qui exploitent le vide sécuritaire et les vastes zones disponibles pour se cacher, se déplacer et lancer des attaques surprises.
Le journaliste libanais Khalil Nasrallah a lui aussi commenté ces frappes en rappelant que les Américains ont déjà mené des milliers de frappes aériennes au fil des ans contre les vastes positions de Daech, à l’époque où le groupe contrôlait de larges portions de territoire en Syrie et en Irak, mais ces frappes n’ont eu aucun impact sur les opérations ni sur la dynamique de l’organisation.
« Ce qui a changé à partir de 2017, c’est le lancement d’opérations terrestres contre cette organisation, menées par les forces de l’Axe de la Résistance dans le cadre de l’opération Aube », rappelle-t-il, en allusion à la contre-offensive menée par les forces gouvernementales de Bachar al-Assad, ainsi que les factions libanaises du Hezbollah, d’autres irakiennes et afghanes ainsi que des consultants iraniens, sans oublier la force aérienne russe.
Et Khalil Nasrallah de poursuivre : « Par la suite, Washington a même soutenu – par des appuis aériens et par l’intermédiaire de conseillers – l’avancée des FDS et des forces tribales à l’est de l’Euphrate, bénéficiant ainsi des opérations de l’Axe ».
Et de conclure : « Par conséquent, les frappes aériennes lancées ce soir ne sont qu’une démonstration de force, pour de nombreuses raisons, notamment parce que Daech ne contrôle plus de territoire depuis un certain temps et se compose de cellules qui mènent des embuscades puis disparaissent. »
Source: Médias



