Les médias israéliens ont rapporté jeudi que dix policiers ont été blessés et quatre personnes arrêtées lors d’affrontements à l’est de la ville sainte d’al-Qods occupée avec des juifs ultra-orthodoxes (Haredim) qui refusent d’effectuer leur service militaire.
Les troubles auraient éclaté lorsque des inspecteurs municipaux ont dressé des contraventions à plusieurs étudiants de yeshivot et découvert que certains étaient des réfractaires à la conscription. Lorsque la police a tenté de les remettre à la police militaire, elle s’est heurtée à la résistance de passants, une confrontation qui a rapidement dégénéré en émeute, rapporte le site Ynet.
Ce dernier a indiqué que de violents affrontements entre Haredim et la police israélienne ont éclaté suite à l’arrestation d’un réfractaire et un hélicoptère a aussi été déployé.
Des Haredim ont attaqué et lancé des pierres sur un bus transportant des recrues et des commandants de la brigade Kfir de l’armée.
La police a eu recours à des grenades assourdissantes et à des gaz lacrymogènes contre les manifestants, une mesure rarement utilisée contre des Israéliens, selon The Times of Israel.
Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, qui supervise la police, a déclaré qu’il « condamnait sans équivoque les émeutes extrémistes à Jérusalem » et a qualifié les attaques contre les policiers de « ligne rouge ».
Cette affaire irrite les politiciens de l’opposition israélienne.
Selon son chef, Yaïr Lapid, ces affrontements « démontrent l’inaction du gouvernement et la désintégration des institutions de l’État ».
De son côté, Avigdor Lieberman, chef du parti d’opposition de droite Yisrael Beiteinu, a affirmé : « Les réfractaires s’en prennent à la police à Jérusalem car le pays est sous le contrôle des Haredim. » C’est « un acte terroriste à tous les égards », a-t-il accusé.
Le président du parti Les Démocrates, Yaïr Golan, a lui aussi condamné les violences, estimant que « les réfractaires ont compris que la loi en Israël ne s’appliquait pas à eux, que tout leur était permis, et voilà le résultat ».
Le député Naor Shiri du parti centriste Yesh Atid qui dispose de 24 sièges parlementaires a demandé à la police israélienne de tirer sur les Haredim qui ont manifesté et attaqué des policiers.
Mardi dernier, la Radio-Télévision israélienne a rapporté que les Haredim ont menacé le Premier ministre Benjamin Netanyahu de soutenir la dissolution de la Knesset (Parlement) et de convoquer des élections anticipées s’il n’accélérait pas le débat sur un projet de loi les exemptant du service militaire.
Les partis Shas (11 sièges) et Judaïsme unifié de la Torah (7 sièges), qui représentent les Haredim, avaient déjà menacé de faire tomber le gouvernement si la loi sur la conscription n’était pas adoptée, ce qui aurait pu déclencher des élections anticipées. Le mandat de la Knesset actuelle doit s’achever en octobre 2026.
La coalition gouvernementale, dont les Haredim font partie, détient 68 sièges sur les 120 que compte la Knesset et a besoin d’au moins 61 sièges pour se maintenir au pouvoir.
Les Haredim poursuivent leurs manifestations contre la conscription suite à la décision de la Cour suprême du 25 juin 2024, qui rend leur service militaire obligatoire et interdit toute aide financière aux institutions religieuses dont les élèves refusent d’effectuer leur service militaire.
Environ 80 000 hommes ultra-orthodoxes âgés de 18 à 24 ans sont aptes au service militaire mais ne se sont pas enrôlés alors que l’armée d’occupation dit avoir un besoin urgent de 12 000 recrues, en raison de la pression exercée sur les forces permanentes et de réserve dans le contexte de la guerre sur plusieurs fronts en cours.
Les Haredim rapportent l’accord historique conclu par David Ben Gourion, premier Premier ministre d’Israël, lors de l’implantation de l’entité sioniste en 1948, exemptant du service militaire les hommes Haredim (ultra-orthodoxes) étudiant la Torah à plein temps.
Source: Divers



